Bechedor – Portes ouvertes sur une pépinière très performante

Forestiers, partenaires, population en général, tous sont les bienvenus à la journée porte-ouverte de la pépinière Bechedor qui se tiendra samedi, le 22 août prochain, à St-Prosper. Une occasion unique de visiter ces installations et de prendre connaissance des procédés de la pépinière la plus au sud du Québec, réputée pour l’excellente qualité de ses plants forestiers.

« Souvent, on a des clients qui viennent chercher des plants à la pépinière et malheureusement, on n’a pas le temps de leur faire voir tout ce qu’on fait. Là, c’est ce qu’on va faire », lance PASCAL OUELLETTE, directeur général du Groupement forestier du Sud de Dorchester, dont Bechedor est une filiale, en ajoutant que l’invitation vaut autant pour les gens de la région que pour les partenaires de l’extérieur, dont les membres des autres groupements forestiers.

De neuf heures à quinze heures, le samedi 22 août, les visiteurs seront invités à jeter un coup d’œil aux installations extérieures que Bechedor partage avec le groupement forestier, ce qui veut dire se promener sur le vaste site de 96 hectares comprenant pas moins de 99 serres froides (tunnels), capables de produire jusqu’à 20 millions de plants annuellement. « Prévoyez environ une heure trente pour visiter les stations qu’on aura aménagées », conseille M. Ouellette.

Pour ajouter à l’attrait de la visite, notons que la pépinière fondée en 1982 est très performante, comme en fait foi la cote A que lui a attribuée le ministère des Ressources naturelles et des Forêts. Si ce dernier accapare 80 % de la production, la pépinière tend de plus en plus à développer le marché des clients privés, ce qui l’amène à cultiver une grande variété d’essences d’arbres : épinettes, pins, sapins, mélèzes, pruches, ainsi que plusieurs sortes de feuillus.

C’est ainsi qu’on retrouve parmi ses clients, des pépinières, des producteurs de sapins de Noël ainsi que plusieurs producteurs privés. En date du 15 mai, moment de l’entrevue avec le représentant du journal, M. Ouellette affirmait que les ventes de plants pour des clients privés sont déjà sur le point de dépasser celles de la totalité de l’an dernier. « Nos ventes à des clients privés sont en croissance ces dernières années. Pour nous, c’est une excellente nouvelle. Ça nous permet de nous diversifier à un moment où le ministère tend à diminuer ses commandes. »

Et des petits clients particuliers pourraient-ils profiter de leur visite à la Journée portes ouvertes pour acheter quelques plants ? « Normalement, on n’a pas un service à la clientèle pour gérer les petites ventes. On est plus dans la production industrielle et on exige un minimum d’achats, mais nous ferons une exception lors de la journée porte-ouverte », indique le directeur général.

Pour atteindre les plus hauts standards de qualité, Bechedor n’hésite pas à investir dans les innovations. C’est ainsi qu’elle est en voie de devenir la première pépinière au Québec à faire la désinfection de l’ensemble de ses récipients grâce à une machine à vapeur achetée aux États-Unis. Actuellement en rodage, cet équipement a fait l’objet de plusieurs tests, notamment avec la collaboration d’un phytopathologiste du ministère. L’objectif : faire le maximum pour prévenir la croissance des maladies. « Cela nous permettra d’augmenter notre résilience face aux changements climatiques », ajoute M. Ouellette.

En plus de la journée Portes ouvertes du 22 août, la pépinière sera l’hôte la veille, soit le vendredi 21 août, d’une Journée champêtre organisée en collaboration avec l’Association des producteurs d’arbres de Noël (APANQ). « On est des gros producteurs de plants pour les pépinières de sapins. Tant qu’à recevoir la visite pour la fin de semaine, on s’est dit qu’on pouvait combiner les deux. »

La production de Bechedor est vendue partout au Québec, mais aussi au Nouveau-Brunswick. L’entreprise essaie également de développer le marché américain. « On est à l’écoute de nos clients. Ceux-ci peuvent nous arriver avec des besoins très particuliers et on sera en mesure de faire des ensemencements en fonction de leurs besoins. »

En incluant l’administration, la pépinière emploie une cinquantaine de personnes. Parmi eux, on compte 16 travailleurs mexicains qui reviennent d’année en année et sont logés dans quatre maisons de St-Prosper, dont une appartient au groupement. 

Dans l’ensemble, il s’agit d’une équipe très stable où, en moyenne, les travailleurs comptent une vingtaine d’années d’expérience, ce qui implique aussi certains défis pour les années à venir. « On est chanceux d’avoir des gens dédiés qui travaillent fort. D’un autre côté, on a beaucoup d’employés qui arrivent près de l’âge de la retraite et on doit travailler à mettre en place un plan de relève. »

Ce travail a déjà débuté puisque pour assurer la relève, deux agronomes ont déjà été embauchés au cours des deux dernières années. « Une pépinière, c’est un milieu très spécialisé, c’est pour cela qu’il faut s’assurer de bien transmette le savoir. Les recettes de production, ça ne fonctionne pas comme dans une usine. Les recettes changent en fonction de la température. Il faut être à l’affût des conditions climatiques et s’assurer de livrer les plus hauts standards de qualité. C’est très complexe. »

Pour illustrer la complexité du travail et le dévouement des employés, il évoque le gel survenu plusieurs nuits consécutives plus tôt dans la semaine de l’entrevue.  « Si une période de gel survient lorsque la croissance des plants est activée, les plants pourraient subir des dommages importants qui causeront leur disqualification auprès du ministère et ceux-ci devront être jetés. On ne peut donc pas laisser faire ça. C’est pourquoi j’ai des employés qui sont rentrés travaillés plusieurs nuits pour arroser les plants. »  Pour ceux qui se poseraient la question, l’arrosage des plants conduit à la formation de glace qui agit comme isolant et permet de protéger les plants contre la gelée. 

Pour en savoir plus, rendez-vous à la journée portes ouvertes, le 22 août, à St-Prosper. 

Signé Dany Rousseau, directeur des communications pour Groupements forestiers Québec
Source : LE MONDE FORESTIER, mai-juin 2026

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