50 ans de croissance et de réussite

Le Groupement forestier de Champlain a célébré son 50e anniversaire le samedi 17 octobre, à Shawinigan, en présence de près de 70 invités. Fort d’une excellente santé financière, d’une équipe dynamique et d’un tout nouveau siège social, l’organisme aborde l’avenir avec confiance et entend poursuivre son développement auprès des propriétaires de boisés privés de la Mauricie.

Le temps frais qu’il faisait ce jour-là n’aura pas refroidi l’enthousiasme des participants réunis pour souligner le demi-siècle d’existence du Groupement forestier de Champlain. Organisée sous une grande tente installée à proximité du nouveau siège social, sur la bien nommée route des Défricheurs, la célébration a donné lieu à de chaleureuses retrouvailles autour d’un dîner méchoui agrémenté de la prestation d’un chansonnier.

Pour le président de l’organisation depuis 2017, MARIO DEFOY, cet anniversaire permet de mesurer tout le chemin parcouru. Au cours des dernières années, le budget annuel du groupement a pratiquement doublé, passant de 1,5 à 3 M$. Une croissance qui s’accompagne d’une situation financière particulièrement solide.

« La situation financière de l’organisation, je n’y suis pour rien. On dirait que ça vient avec l’attitude. Avec la gang de jeunes qui est entrée, ça fait en sorte qu’on fait des profits et qu’on est même en mesure de faire des placements », affirme avec modestie M. Defoy.

Nouveau siège social
Cette vitalité se reflète notamment dans le nouveau siège social, où les employés ont emménagé en février dernier. Construit à quelques mètres de l’ancien bâtiment, il comprend six bureaux, une salle de conférence et une cuisine, comparativement à seulement deux bureaux fermés et une salle commune auparavant.

Adjointe administrative, CHANTAL HÉLIE se souvient particulièrement de la période de la pandémie, alors que jusqu’à sept personnes devaient travailler dans l’ancienne petite bâtisse, séparées par des panneaux de plexiglas pour respecter les mesures sanitaires. Le nouvel immeuble offre désormais un environnement nettement mieux adapté aux besoins de l’équipe. Plusieurs invités ont d’ailleurs profité des festivités pour visiter les installations et constater l’ampleur du changement.

Les administrateurs du groupement devant le nouveau siège social. De gauche à droite, on peut voir Mario Defoy (président), Jacques Boisclair (1er vice-président), Jean Bernier, Claude Trudel (2e vice-président) et Joseph Arthur Simard.

Une relève dynamique
Le dynamisme du groupement repose également sur une nouvelle génération de professionnels forestiers. Originaire de Saint-Boniface, Jean-Baptiste Lacasse a effectué son premier stage au sein de l’organisation en 2020, sous la supervision de GILBERT NOLET, directeur général de 2001 à 2023. Après trois années de stages, il s’est joint à l’équipe à temps plein en 2023, avant d’accéder à la direction générale en avril 2024.

Également directeur technique, il peut compter sur le soutien du jeune ingénieur forestier ALEXIS GAUTHIER et de trois techniciens forestiers. Le groupement accueille aussi des stagiaires pendant la saison estivale, en plus d’employer une dizaine de reboiseurs et de débroussailleurs.

Des défis, mais aussi des occasions de croissance
Même si le groupement se porte très bien financièrement, il doit actuellement composer avec le contexte difficile du secteur forestier en Mauricie. Au moment d’écrire ces lignes, les deux principaux acheteurs de bois de l’organisation, soit les usines d’Arbec à Saint-Roch-de-Mékinac et à Saint-Georges-de-Champlain, avaient suspendu leurs opérations.

Cette situation force le groupement à acheminer plus loin le bois récolté auprès des propriétaires, notamment chez Bois LIB, à Princeville. « On tient à continuer de donner le meilleur prix possible aux propriétaires, mais ce n’est pas facile, surtout avec les coûts actuels du carburant, alors qu’il faut livrer plus loin. Il y a des propriétaires qui choisissent d’attendre un peu que la situation s’améliore, et c’est compréhensible. Leur bois sera toujours debout dans un an. » Le ralentissement actuel a réduit momentanément les besoins en entrepreneurs forestiers, le groupement n’en utilisant actuellement qu’un seul, comparativement à quatre auparavant.

Ces difficultés n’empêchent toutefois pas l’organisation d’envisager de nouvelles possibilités de croissance, particulièrement dans la MRC de Maskinongé, autrefois desservie par son propre groupement forestier.

M. Lacasse souligne qu’un travail de sensibilisation est toutefois nécessaire auprès des propriétaires qui conservent le souvenir de la fermeture de cette organisation. « Les gens se souviennent qu’il y avait un groupement forestier à Maskinongé et qu’il a fermé. Ils nous disent : vous êtes un groupement forestier vous aussi. On leur répond qu’il va très bien et qu’ils peuvent nous faire confiance », explique-t-il.

Ces dernières années, le groupement a eu pour stagiaire un autre jeune originaire de la région et qui complétera bientôt ses études d’ingénieur forestier. « On est une petite équipe et on ne manque pas d’ouvrage en ce moment pour bien servir les propriétaires. Si on peut avoir cet autre ingénieur, ça va me permettre de consacrer davantage de temps au développement. »

Un autre défi est lié à la réalité des nouveaux propriétaires qui acquièrent une terre à bois avant tout pour leurs loisirs. « C’est vrai que c’est une nouvelle réalité qu’on ne voyait pas auparavant. On leur parle des avantages d’un aménagement réfléchi, notamment les éclaircies favorisant la croissance des arbres et la récolte des peuplements arrivés à maturité. De cette façon, on parvient à les convaincre », indique M. Defoy. 

Technologie
L’organisation poursuit aussi sa modernisation grâce à l’acquisition de deux drones et de deux compas forestiers électroniques Haglöf. « Pour les drones, on a suivi la formation offerte par Groupements forestiers Québec qui était donnée par le Groupement forestier du Sud de Dorchester. On se sert maintenant des drones pour survoler les chantiers après les traitements sylvicoles, ce qui nous permet de vérifier la qualité des travaux effectués. Sinon, on reste toujours à l’affût des dernières avancées technologiques qui nous permettent d’améliorer notre offre de services aux propriétaires. »

Signé Dany Rousseau, directeur des communications pour Groupements forestiers Québec
Source : LE MONDE FORESTIER, octobre 2026

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