Plusieurs projets pour le GF Québec-Montmorency

Intégration des nouvelles technologies, sensibilisation des élus aux impacts de la réglementation municipale et même un projet pilote en vue de la création d’un centre de valorisation de la fibre utilisant prioritaires les résidus de de construction, rénovation, démolition (CRD), voilà autant de dossiers auxquels travaille en ce moment l’équipe du Groupement forestier de Québec-Montmorency. 

Selon le directeur général du groupement, Xavier Robidas, le projet pilote permettrait de valoriser des tonnes de matière des CRD normalement destinées à l’enfouissement, mais aussi du bois de forêt privée provenant d’espèces marginales et de petits diamètres, auxquels pourrait s’ajouter en plus de la fibre agricole.

Le centre serait accompagné d’une centrale de cogénération à la biomasse, avec un réseau de chaleur dans unagrandissement de parc industriel. L’électricité générée garantirait l’approvisionnement des entreprises du parc. Les coûts globaux seraient réduits parce que le réseau serait installé en amont de la construction du parc. « On pourrait même chauffer les rues pour sauver sur le déneigement! »  souligne le directeur. La disponibilité de la chaleur, la sécurité énergétique et le caractère renouvelable permettrait d’attirer des entreprises.

Ce projet pilote pourrait être financé sur le modèle du développement de la filière éolienne, avec une aide à l’implantation du projet à partir des sommes du Fonds d’électrification et de changements climatiques (FECC). 

« Cela pourrait devenir un modèle pour une stratégie nationale visant les agrandissements et constructions de parcs industriels, le développement de produits biosourcés et la réduction de l’enfouissement des déchets de construction », fait valoir M. Robidas qui indique avoir déjà eu des discussions à ce sujet avec des représentants de la MRC de la Côte-de-Beaupré.

Technologies

En plus de ce projet pilote, le groupement forestier qui a son siège social à Château-Richer a été identifié pour agir comme l’un des premiers utilisateurs du plan d’investissement informatique que vient de lancer Groupements forestiers Québec. C’est ainsi que des membres de l’équipe ont mis à l’essai des verniers (galipers) électroniques qui permettent de mesurer précisément la taille et le diamètre des arbres lors de travaux d’inventaire forestiers, en plus de récolter et transmettre automatiquement les données. 

« On a beaucoup gagné en efficacité comparativement à ce qu’on faisait auparavant alors qu’il fallait que deux employés se déplacent pour faire ce travail. Maintenant, un seul employé suffit et il est capable de faire le travail plus rapidement en allant chercher des données plus précises », explique M. Robidas. En fait, les résultats ont été tels qu’après avoir fait l’essai de l’instrument fourni par GFQ, l’entreprise collective a rapidement décidé de se procurer son propre vernier. 

De même, le Groupement forestier de Québec-Montmorency utilise aussi régulièrement des drones pour la réalisation de travaux lui permettant, par exemple, de déterminer la localisation et la superficie d’andains. « On recueille beaucoup de données. Avec l’équipe de GFQ, notre objectif est de faire parler ces données et aussi de rendre disponibles les informations aux propriétaires de boisés pour les aider à prendre les bonnes décisions. »

Règlements municipaux

C’est un phénomène bien connu, les intervenant du secteur de la forêt privée doivent souvent composer avec une multitude de règlements municipaux qui viennent encadrer l’aménagement forestier, ce qui peut représenter un véritable casse-tête, d’une localité à l’autre.  

Aux prises avec cette réalité, M. Robidas a tenu à rencontrer plusieurs d’élus municipaux du territoire du groupement, soit les MRC de la Côte-de-Beaupré, la Jacques-Cartier et l’île d’Orléans, en plus de la Ville de Québec. A titre d’exemple récent, il cite une municipalité de la région de Québec qui a un règlement imposant une surtaxe de voirie pouvant aller de 1000 $ à 2000 $ par année aux propriétaires forestiers de son territoire. Cette surtaxe est évidemment mal reçue par les propriétaires, au point que certains ne veulent plus avoir de plan d’aménagement afin de ne pas avoir à la payer.

M. Robidas discute avec les élus des enjeux et présente les avantages de travailler avec les professionnels des groupements forestiers pour conseiller les propriétaires de leur municipalité. « Je leur explique l’importance d’avoir un réseau de chemins forestiers en bon état pour la protection des prises d’eau des villes. Je leur présente également nos démarches en adaptation aux changements climatiques, notamment en atténuation des risques d’incendies dans les plantations résineuses. Aussi, en faisant affaires avec nous, c’est une garantie du respect de la réglementation lors de nos interventions. »

En novembre dernier, les élections municipales sont venues changer certains des intervenants élus. « Même s’il faut souvent recommencer, ça vaut la peine d’aller à leur rencontre pour leur expliquer la réalité de la forêt privée. En se parlant, on arrive à mieux se comprendre. Les municipalités aussi sont gagnantes d’avoir sur leur territoire des propriétaires de boisés qui contribuent à l’économie locale tout en maintenant des milieux de vie sains. »

Signé Dany Rousseau, directeur des communications pour Groupements forestiers Québec
Source : LE MONDE FORESTIER, décembre 2025-janvier 2026, p.13

Similar Posts