Défendre et promouvoir les intérêts des producteurs de bois sur un vaste territoire s’étendant de la Côte-Nord à Portneuf sur la rive nord, de même que de Bellechasse à Lotbinière sur la rive sud, telle est la mission du Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec.
« Notre territoire n’est pas seulement grand, il est aussi très diversifié. La réalité d’un producteur forestier de la Côte-Nord n’est pas la même que celle d’un producteur de la région de l’Érable. Ce ne sont pas les mêmes essences d’arbres. Les débouchés quant aux usines diffèrent aussi grandement, comme les coûts de transport. C’est un défi, mais on réussit à bien desservir tout le monde », explique le directeur général Vincent Lévesque.
Le syndicat regroupe sur ton territoire pas moins de 23 000 propriétaires forestiers, dont 8600 sont des producteurs de bois actifs et un peu plus de 1000 sont des membres adhérents. En termes de production, on parle d’environ 850 000 mètres cubes de bois annuellement.
Gestionnaire d’un plan conjoint, le syndicat a la responsabilité d’appliquer les règlements en vertu de la Loi sur la mise en marché des produits agricoles. À ce titre, il est un office de mise en marché au sens de la loi et voit à négocier de façon collective les meilleures conditions pour les producteurs.

Comme chacun sait, le secteur forestier connaît présentement des moments difficiles avec l’imposition de tarifs douaniers de 45,19 % par le voisin américain. De son côté, M. Lévesque confirme des baisses de livraison de bois principalement depuis le mois de septembre. « On reste à l’affut de ce qui se passe. On a certains producteurs qui font le choix d’attendre. Ça c’est pour ceux qui peuvent se le permettre. Il faut aussi que certains entrepreneurs continuent d’opérer. D’un autre côté, des scieries offrent encore de bons prix », explique-il.
Pour la région de la rive-nord de la capitale qui est en vedette dans ce journal, le directeur général et ingénieur forestier estime que ses principales caractéristiques sont la dominance de la forêt publique et la faiblesse de la compétition entre les usines. « Qu’on le veuille ou non, les usines de la région peuvent compter sur une grosse part de leur approvisionnement qui est garanti, ce qui a une influence à la baisse sur les prix. »
Dans ce contexte, il peut arriver que du bois, par exemple, d’un producteur de Charlevoix soit transformé en Beauce. « Ce n’est quelque chose qu’on aime faire, mais il y a des fois où, même en comptant les coûts de transport, la différence de prix est telle qu’on a pratiquement pas le choix. »
Le syndicat entretient d’excellentes relations avec l’ensemble des autres intervenants du secteur, dont les groupements forestiers. « Ce sont des partenaires importants. On discute régulièrement avec eux de dossiers communs et on fait de représentations ensemble. C’est le cas, notamment, de la réglementation municipale. Il y a aussi la nouvelle norme EUDR qui nous amène à partager des infos pour assurer la traçabilité des bois. »
Le syndicat est affilié à la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) et donc à l’Union des producteurs agricoles (UPA). La gouvernance de l’organisation est assurée par les neuf membres du conseil d’administration qui sont des producteurs forestiers élus dans chacune des neuf régions de son territoire, soit Bellechasse-Etchemins, Rive-Sud de la Capitale, Lotbinière, Mégantic, L’Érable-Bécancour, Portneuf, Rive-Nord de la Capitale, Charlevoix et Côte-Nord.
Signé Dany Rousseau, directeur des communications pour Groupements forestiers Québec
Source : LE MONDE FORESTIER, décembre 2025-janvier 2026, p.13
